« – Pourtant, objecta le journaliste au bout du fil, certaines mauvaises langues affirment que les critiques littéraires sont des écrivains ratés…

– Balivernes, ma chère amie, répondit Ostrovski en ricanant. Je n’ai jamais, et je dis bien jamais, rencontré un critique qui rêvait d’écrire. Les critiques sont au-dessus de cela. Ecrire est un art mineur. Ecrire, c’est mettre des mots ensemble qui forment ensuite des phrases. Même une guenon un peu dressée peut faire cela!

– Quel est le rôle du critique alors?

– Etablir la vérité. Permettre à la masse de trier ce qui est bon et ce qui est nul. Vous savez, seule une toute petite partie de la population peut comprendre d’elle-même ce qui est vraiment bon. Malheureusement, comme aujourd’hui tout le monde veut donner son avis sur tout et qu’on a vu porter aux nues des nullités totales, nous, critiques, sommes bien obligés de mettre un peu d’ordre dans ce cirque. Nous sommes la police de la vérité intellectuelle. Voilà tout. »


« La disparition de Stéphanie Mailer » Joël Dicker