« Elle avait fini par croire, non, par acquérir la certitude que dans l’épaisseur des livres se cachaient à la fois toutes les maladies et tous les remèdes ? Qu’on y rencontrait la trahison, la solitude, le meurtre, la folie, la rage, tout ce qui pouvait vous prendre à la gorge et gâcher votre existence, sans parler de celle des autres, et que parfois pleurer sur des pages imprimées pouvait sauver la vie de quelqu’un ? Que trouver son âme sœur au beau milieu d’un roman africain ou d’un conte coréen vous aidait à comprendre à quel point les humains souffraient des mêmes maux, à quel point ils se ressemblaient, et qu’il était peut-être possible de se parler- de se sourire, de se caresser, d’échanger des signaux de reconnaissance, n’importe lesquels – pour essayer de se faire un peu moins mal, au jour le jour ? «