le second souffle

« Le handicap, la maladie sont fracture et dégradations. Dans ces instants où l’on perçoit l’échéance de la vie, l’espérance est un souffle vital qui s’amplifie; sa juste respiration en est le second souffle. Les coureurs de marathon connaissent le second souffle. C’est une sorte d’état de grâce. La respiration s’assouplit, devient plus profonde, la douleur disparaît. Je me suis étouffé durant quarante-deux ans. Nous nous étouffons à nous élancer trop vite, à vouloir être les meilleurs, les premiers. Ceux qui respirent mieux, au bout de quelques dizaines de kilomètres, sont ceux qui imaginent l’arrivée. Le but, c’est le festin divin, l’amour retrouvé. Cette vision de l’arrivée est essentielle. Un marathon ne se court jamais seul. »

« Le second souffle »  Philippe Pozzo di Borgo