« Le monde semblait avoir poursuivi paisiblement sa course sans même que je m’en aperçoive. Envahie d’un sentiment de gratitude, je découvris qu’une partie de moi-même, disparue je ne sais où pour se laisser consumer par son chagrin et sa douleur, était revenue. J’étais remise sur les rails. Une fois d’aplomb, je m’attaquai à toutes les tâches que l’on entreprend lorsqu’on revient de voyage. Je rangeai le bureau et répondis aux messages que d’autres avaient laissés. J’avais été longtemps absente et il y avait donc toute une pile à liquider avant de me mettre à construire l’après-midi de ma vie, à élaborer un ordre d’une autre espèce, une structure permettant à une femme de cinquante ans de vivre sa vie seule, en paix avec elle-même et avec le monde environnant. »

« Une année à la campagne »  Sue Hubbell