« A l’occasion d’un documentaire sur l’identité, un pédopsychiatre avait déclaré qu’un enfant devenait vraiment lui la première fois qu’il disait non. Comme je voulais être moi et pas un autre, j’ai souvent dit non. En disant non on se sépare des autres, ont désobéit on s’expose à la solitude. Mais on gagne en liberté. Quand on quitte les autoroutes, on divague dans les chemins buissonniers, on peut se perdre, quelques fois on trouve des fleurs sauvages. Descartes a écrit « je pense donc je suis ». Il aurait pu ajouter « seul » : « Je pense donc je suis seul » et pourquoi pas écrire « Je suis seul, donc je pense ». Quand on est seul, on pense, on réfléchit. C’est plus difficile avec les autres, à cause du bruit. A plusieurs, on se sent obligé de parler, et quand on parle, on ne réfléchit pas toujours et parfois, pour plaire, on dit ce que les autres ont envie d’entendre. Quand je suis seul, je me sens libre, je peux penser ce que je veux, je me réfugié dans mes pensées, j’ai comme on dit « la tête ailleurs ». J’adore avoir la tête ailleurs, divaguer, libérer les folies que j’ai dans le crâne. Avoir dépassé saugrenue, inconvenantes, parfois, inavouables. Il n’y a pas de pensée interdite. Je veux être un libre-penseur. Nos grands penseurs ont toujours revendiqué la liberté de penser.»

« Je ne suis pas seul à être seul »  Jean-Louis Fournier