« Je lis dans le train comme dans un rêve et c’est un double déplacement qui s’opère. Immobile à ma place, indifférente au paysage qui défile, tandis que la neige recouvre les champs, que des gouttes d’eau font la course sur les vitres, que la nuit tombe ou que des gares passent sans qu’on ait le temps de déchiffrer les panneaux, c’est un autre voyage qui m’occupe. Un voyage inscrit en petits caractères sur du papier plus ou moins jauni, au parfum de goudron ou de pain grillé, de pisse de chat ou de grenier chaud.
Lire m’empêche de penser à tous ces cœurs qui battent autour de moi. Il y a tant de vies ici qu’a les imaginer, la tête me tourne. Je suis prise d’un vertige, comme lorsque je me mets à penser à l’univers en expansion. »

« Dehors, la tempête » Clémentine Mélois