« On ne fuit pas son ombre et on ne rattrape pas ce qui n’est plus. Adem voulait seulement un début de réponse à ses questions, et le début de la réponse était là, sous ses yeux, à un jet de pierre : ces naufragés de la vie qui erraient dans la cour. C’était cela le premier jalon de la vérité – ces spectres déboussolés, qui avaient cessé de s’interroger et qui tournaient en rond, semblables à un carrousel déréglé, trimballant dans leur sillage le vrai visage du monde, celui d’une humanité imparfaite, injuste et cruelle avec laquelle il fallait composer coûte que coûte en otages consentants ou bien en victimes expiatoires. »

« Le sel de tous les oublis » Yasmina Khadra