« La vie était belle, c’est vrai, mais mes soeurs et moi, nous étions conscientes très tôt de ne pas être comme les autres. Notre père était un réfugié politique syrien, titulaire d’une simple carte de séjour renouvelable tous les trois mois et notre mère libanaise ne pouvait pas, en fonction de la loi qui règne dans tous les pays arabes, nous transmettre sa nationalité parce qu’elle était une femme.Nous étions toutes les trois sans papiers dans le pays où nous étions nées.Et dans ce Liban où chacun n’existe que par sa communauté et sa confession, nous n’avions ni communauté, ni confession. Nous ne savions pas si nous étions chrétiennes ou musulmanes.
Quand nous posions la question à notre père, il répondait:
– Vous êtes des filles libres, un point c’est tout. »

« Le jour où Nina Simone a cessé de chanter » Darina Al-Joundi et Mohamed Kacimi