« Le temps filait sans faire cas de mon existence, qui allait à son rythme, plus lent. On me passait devant à la poste, à la boulangerie, sans penser à mal, simplement parce qu’on ne m’avait pas vu. On ne m’écrivait plus, je ne recevais plus de textos, plus d’emails, même promotionnels, et de plus en plus, sans explication, m’arrivaient des lettres adressées à un certain Jacques Mollard, que je ne connaissais pas.

Souvent, je montais dans ma voiture sans avoir rien décidé, je me trouvais pris dans les embouteillages et réalisais que c’était là que je voulais être : coincé dans les bouchons, comme quelqu’un qui aurait eu une vie ordinaire, un travail normal. »