« Halima a toujours aimé les histoires. Elle est incapable d’en inventer ou d’en raconter mais elle sait écouter. C’est une auditrice née. Elle peut se laisser emporter par les récits des autres, loin de sa propre vie, juste pour le plaisir des mots. Elle retient les noms, ne s’égare pas dans les digressions et visualise des images si nettes qu’elles lui donnent parfois l’impression de faire partie de sa propre mémoire. En auditrice exigeante, elle pourrait juger que son amie y va fort dans le pathos, que son histoire rassemble trop de clichés misérabilistes pour émouvoir, qu’elle est bancale et peu crédible. Ce qui l’empêche de porter un tel jugement, c’est cette chose bizarre posée devant elles, pour laquelle Irina l’a fait venir chez elle. Elle veut savoir d’où elle vient. »

« Et ta vie m’appartiendra » Gaël Aymon