« J’ai toujours envié la capacité d’oubli de certaines personnes qui ne voient dans le passé qu’un changement de saison ou une paire de vieilles chaussures qu’il suffit de remiser au fond d’une armoire pour les rendre incapables de retracer les pas perdus. Pour mon malheur, je me souvenais de tout, et tout se rappelait à moi. Je garde le souvenir d’une petite enfance de froid et de solitude, d’instants morts passés à contempler le gris des jours, et du miroir noir qui ensorcelait le regard de mon père. Impossible de me souvenir du moindre ami. »

« La ville de vapeur » Carlos Ruiz Zafon