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Sa manière de parler – le grand soin, la grande prudence avec lesquels elle choisissait ses mots, comme si elle avait affaire à quelque chose de très fragile – pouvait parfois résonner comme du japonais maladroit, mais elle n’en a pas changé tout au long de sa vie, du moins avec moi….
Il existait une certaine tension entre elle et les mots et elle ne les laissait pas s’écouler en suivant leur cours – non, aucune habitude ne s’est installée entre eux jusqu’à la fin. Elle tâchait d’être la plus précise possible. Elle ne se contentait pas de lancer les mots sans plus s’en préoccuper, non, elle s’assurait toujours que son interlocuteur les saisissait correctement, tout comme l’intention qu’ils traduisaient. Oui, c’était ainsi qu’elle parlait. »

« L’été de la sorcière » Kaho Nashiki